mercredi, 2 avril 2008

La Sicile





Mercredi 19 mars 2008.
Nous sommes à Cagliari, la capitale de la Sardaigne, depuis une journée. Après un pique-nique dans un grand parc, nous mangeons au Mc Donald en espèrant trouver un accès Wifi pour connecter notre ordinateur portable à Internet et récupérer nos mails, mais surtout obtenir les prévisions météo afin de planifier notre traversée vers la Sicile. Mais non, pas de Wifi ici…




Cagliari de nuit en sortant du port


En ville nous trouvons un Cyber café où nous connecter. Frédérique et les filles rentrent au bateau. La nuit est tombée, il est 20h et seule Valentine et Juliette ont mangé (nous, le mac’doo, on en a un peu marre… et on pensait se faire un bon p’tit plat que les filles n’aiment pas…). Les prévisions météo sont favorables pour un départ… aujourd’hui ! Un gros coup de vent est annoncé dans 3 jours et il va durer. Nous ne pouvons pas manquer l’arrivée des grands et arrière-grand parents dans huit jours. Sur le chemin du retour, je me questionne sur la meilleure solution. Nous avions calculé un départ vers 17h00 afin de garantir un atterrissage de jours à Palerme. Alors devrons-nous partir demain matin ? Nous risquons d’arriver avec un fort vent et qui plus est, de nuit. Passé ce délai, nous ne serons pas à Palerme avant 10 ou 15 jours. Après une courte discussion, c’est le branle-bas de combat. Nous partons de suite ! Juste le temps de ranger, faire le plein d’eau, payer le port et nous larguons les amarres à 20h45. Une fois le môle principal de Cagliari dépassé, nous avançons doucement, portés par une faible brise de 8 nœuds. Le faisceau du phare à l’extrémité sud du cap Carbonnara semble ne pas se rapprocher. C’est pourtant vers 2h00 du matin que nous le doublons. Maintenant c’est 200 milles nautiques ( 370 km) d’eau libre. Le vent léger ne nous quittera plus jusqu’au matin. Les milles défilent doucement sous notre dérive (environs 4 nds).



Jeudi 20 mars 2008.
Les filles se lèveront en mer et se recoucheront en mer. Quant à nous les parents, nous n’avons pas réussi à dormir. Alors on ne s’est pas vraiment levés en mer. Nous avons seulement fait des pauses pour nous reposer.



Rencontre à l’aube


« Nous n’irons plus au bois, les lauriers sont coupés.
La belle que voilà ira les ramasser.
Entrez dans la danse, voyez comme on danse.
Sautez, dansez, embrassez qui vous voudrez !
…. »



La radio passe en boucle des comptines ou des histoires pour enfants. Les petits estomacs de Juliette et de Valentine n’ont pas très bien supporté le début de cette navigation. Alors elles passent le temps dans notre lit avec leur maman qui récupère un peu.
Dehors, après les airs faibles de cette nuit, une bonne brise souffle maintenant sur un horizon monochromatique : ciel gris clair, mer gris foncé et écume blanche. Seule la visite de deux couples de dauphins, venus jouer devant l’étrave en début d’après-midi mettra un peu de couleur au tableau.




Du gris !

Tout juste 13°C. Quel contraste avec nos promenades à Cagliari en T-Shirt…
La mer grossit encore. Les vagues sont belles et une courte houle se fait sentir. Personne n’a vraiment très faim. Et même les pâtes- jambon-fromages-concentré de tomates qui font normalement le régal de tous restent dans la casserole. Même en ayant passé la journée au lit, les filles s’endormiront rapidement. Pour nous, la nuit continue. La pleine lune de ces jours se reflète dans l’eau et éclaire le ciel. Pas besoin de lampe pour voir ce que nous faisons sur le pont. Cette fois nous arriverons très bien à dormir dans le vacarme de notre cabine à chaque « surf » à 9 nœuds. Depuis la nuit passée nous tirions des bords grand largue mais en fin d’après-midi le vent a tourné et nous allons maintenant droit vers la Sicile. A cette vitesse, bien qu’étant parti quatre heures plus tard que calculé, nous arriverons probablement encore de jour.
Vendredi 21 mars 2008
Frédérique écrit dans le journal de bord : « 01h25, Vent Nord 20 nœuds, Lueurs de la côte Sicilienne ». Le changement de quart s’est fait à 22h30, le suivant sera à 2h30 puis 6h30. Depuis le début nous n’avons jamais barré, c’est Arlette, notre vaillante pilote qui s’en charge. Que c’est agréable de pouvoir se décharger de cette tâche… Et entre nous, elle barre bien mieux que nous !
Avec l’aube, la côte nord de la Sicile se découvre. De petites vallées coincées par la mer d’un côté et de l’autre de hautes montages sont remplies de villages. Cela nous change de la côte sauvage sarde.

Côte Sicilienne




Femmine



Après le grand golfe Castellammare, nous longeons vers l’Est les falaises à pics derrière la réserve maritime de Femmine puis virons au Sud-Sud-Est vers Palerme. Un téléphone au port de Palerme nous apprend qu’il n’y a pas de place en ville. Nous allons donc à Marina Villa Igiea 4 km plus au Nord où nous nous amarrons pour midi. Mauvaise surprise, le quartier est désert, les sanitaires catastrophiques, il faut prendre le bus pour aller à Palerme et pour couronner le tout, cela coûte 67 Euro la nuit. Alors après un bon repas, nous partons en expédition en bus et à pied pour Palerme afin d’y trouver un petite place en ville et moins cher. Le port de Palerme n’est pas une réussite d’urbanisation. Le même port abrite les ports de commerce, industriel et de plaisance. Pas de jolie place avec café-restaurant devant une jolie marina mais à la place un vieux quai poussiéreux et une eau sale… Mais c’est moins cher et en pleine ville.




Port de Palerme côté plaisance


Port de Palerme côté commerce



C’est à Alex, le gérant d’un bout de quai, que nous devons notre salut. Cet italien possède une maison sur Nosy Be à Madagascar où il a passé son enfance. Elle donne juste sur l’île d’en face : Sakatia. Alors quand il a vu le nom de notre bateau, nous avons tout de suite sympathisé !
En attendant le 27, nous flânons dans les rues et espaces verts de Palerme, qui contrairement à son port, est magnifique. Ça sent le Sud à chaque piazza !




Pause pizza. 2 grandes pizzas et 8 biscuits : 5 Euro !



Pétanque au jardin botanique avec des oranges tombées des arbres



Le temps est estival : plus de 25°C. Hier alors que nous visitions le parc botanique, nous regrettions de n’avoir pas mis des shorts. Aujourd’hui, c’est tout autre, des averses se sont succédé toute la journée et maintenant c’est la grêle qui s’abat. Alors je range ma plume pour cuisiner un plat de saison : croûtes au fromage. Je m’en régale d’avance !

2 commentaires:

Ulrich a dit…

Salut la petite famille.

Ca me fait à chaque fois plaisir de lire le compte rendu de vos dernières aventures. Visiblement le métier de globe vogueur rentre vite!!!
Bisous aux filles... et aux parents.
A+
Ulrich

Unknown a dit…

Hello votre blog est super et c'est chouette de suivre votre aventure

Meilleures salutations

A+

François